Fonte des Glaciers de haute-montagne

Disparition et recul des Glaciers de Montagne sur tous les continents

glacier-vu-de-l-espace.jpgGlacier Norvégien vu de l'espace . . . La superficie totale des glaciers terrestres, y compris les Inlandsis, représente 15260000 km2, soit 3% de la surface du globe et 10% des terres émergées, dont 460000 km2 pour la totalité des glaciers de haute-montagne . . . Or ces Glaciers, véritables réservoirs d'eau douce de la planète, qui stockent l'eau en hiver pour la restituer l'été quand les besoins en eau sont les plus importants, fondent à des vitesses jamais atteintes ! ! !

Le réchauffement climatique est aussi responsable, en l'espace de 50 ans, de la diminution de la surface des glaciers de haute montagne (de 50 à 85%) dans le Monde entier, et de la disparition totale de certains, comme les Glaciers du Chacaltaya (Bolivie) ou de La Sana-Pyrénées (France). Or la fonte des glaces implique sur le plan mondial, non seulement des problèmes de sécurité (inondations, coulées de boues) et d'approvisionnement en Eau potable des êtres humains, mais aussi des problèmes à venir de production d'Energie par le biais des centrales Hydro-électriques (qui en ont besoin pour leur approvisionnement) ou Nucléaires (pour leur refroidissement) ! ! ! L'Himalaya qui alimente en eau sept des plus grands fleuves d'Asie : Le Gange, le Mékong, le Brahmapoutre, l'Indus et le Yangtzé voit ses glaciers fondre de plus en plus vite . . . Lors de leur recensement en 2011, les Glaciers Himalayiens étaient encore 54000 pour une superficie totale de 60000 km2 et un volume de 6000 km3, mais avec une diminution des glaces de 22% au Bhoutan et 21% au Népal sur ces 30 dernières années seulement ! Même constat alarmant dans les Montagnes Rocheuses, la Cordillère des Andes, mais aussi en Russie, en Afrique et en Indonésie . . .

asie-himalaya-pertes-glaciers-1.jpgEn Europe, le glacier Norvégien Breidalblikkbrea a perdu 3,10m d'épaisseur en 2006 et la perte moyenne d'épaisseur (sur 100 Glaciers) est passée de 0,30m/an en 1980 à 1,50m/an en 2007, et alors que dans les Alpes les pertes en glace se chiffrent entre 50 et 85% dont 20% rien que sur ces 25 dernières années, dans les Pyrénées, c'est entre 60 et 90% dont 25% en moins de 2002 à 2008 pour le côté Espagnol !

Alors qu'en 1850, les 5150 Glaciers Alpins occupaient un total de 2909 km2 de superficie, des relevés de 2007   glaciers-alpins-1980-2003.jpgmontrent qu'en tout, c'est un volume de 10 Km3 de glaces qui ont disparu sur quelques 1500 Glaciers. En France, dans les Alpes, sur quelques 130 km3 de glaces qui existaient en 1970, il n'en restait plus que 110 km3 (-10 à -20%) et dans les Pyrénées, sur les 23 km2 encore occupés par les glaces en 1850, il n'en restait plus que 3,5 km2 en 2007 ; car 50 à 65% des glaciers ont déjà disparu et ceux qui restent ont aussi perdu 50 à 85% en superficie à cause d'un enneigement plus faible de 20 à 25% an dû à des périodes de chutes de neige de plus en plus courtes (-10 jours à -1 mois) ainsi qu'à des de plus en plus élévées (+1,6°C dans les Alpes et +1,1°C dans les Pyrénées entre 1906 et 2005), et où, côté Espagnol, ce sont plus de 94 Glaciers qui ont disparu entre 1880 et 1980 et 17 supplémentaires de 1980 à 2008 !. . .

Des gravures coloriées et des toiles du XIXème siècle, comme les clichés photographiques réalisés au début du XXéme siècle par Eugène Trutat (exposés, fin 2011, par le muséum d'histoire naturelle de Toulouse) ou la fameuse 'collection Spons' (de vieilles cartes postales des Pyrénées) archivée par l'association 'Moraine', nous permettent de réaliser l'ampleur des dégâts déjà présents et de prendre conscience des risques à venir sur l'approvisionnement en eau douce de notre pays. 

Diaporama : Fonte des Glaciers de haute-montagne

Conséquences : Fonte du Pergélisol ou Permafrost

Le pergélisol (FR) ou permafrost (EN) est le terme qui désigne un sol gelé pendant plus de 2 ans. Il se trouve en plaine (sous la glace pôlaire) comme dans la Toundra sols-geles-sous-l-emprise-des-glaces-d-hiver.pngRusse ou Canadienne mais aussi sous les Inlandsis et en haute-montagne (sous les glaciers) comme dans l'Himalaya ou les Alpes. . . Le problème étant que ces sols gelés retiennent emprisonné dans la glace une énorme quantité de polluants et de gaz à effet de serre, stockés là au fil du temps durant les milliards d'années passées, et stabilisent des sols souvent pas très stables comme les tourbières ou les schistes ! . . . Les craintes trouvent leur justification dans les millions de tonnes de méthane (CH4) emprisonnées dans la merzlota, nom donné au pergélisol en Russie et qui constitue une bonne partie du territoire slave, et dont l’accélération du dégel pourrait brusquement augmenter la concentration des GES dans l'atmosphère dans des proportions considérables et dramatiques, auto-alimentant le phénomène 'réchauffement climatique' ; autant que dans la stabilité toute relative des sols pris dans la glace et consolidés par elle, ou dans la fermentation des bactéries contenues dans le sol gelé qui reprennent leur action de décomposition sous l'effet de la hausse des températures en dégageant là-aussi des gaz à effet de serre.

De même que le réchauffement climatique a déjà provoqué la fonte du pergélisol de haute-montagne avec pour conséquences des éboulements (Mont Cervin et Dent Blanche-2003), des coulées de laves et de boues (Guttannen-2005), des effondrements et des affaissements de terrains (Falaise du Preonzo dans le Tessin Suisse-2012), des gonflements et des éclatements de sols ou des trous gigantesques (effondrements karstiques ou thermokarst) en Russie, Amérique du Sud, Suisse, France, etc. ou peut expliquer la disparition soudaine de lacs de fonte comme en Russie ou au Chili ; la fonte rapide du pergélisol dans d'autres régions du monde, a libéré des quantités de gaz à effet de serre puissants et dangereux tels que le dioxyde de carbone et le méthane dans l'Atmosphère ! Le méthane est un des principaux gaz à effet de serre dont l'impact sur le réchauffement de l'atmosphère de la Terre est 25 fois plus grand que celui de gaz carbonique, et même si sa concentration dans l'air est 210 fois moindre, son impact sur l'effet de serre actuel correspond à 12% de la part du C02 . . .

Le pergélisol qui représente 19 millions de km2 et 1/5 des terres émergées de l'Hémisphère Nord, au niveau du cercle polaire Arctique, renfermerait 1700 milliards de tonnes de carbone et pourrait relâcher dans l'Atmosphère, d'après les experts du Permafrost Carbon Network (PCN), un volume de carbone équivalent à celui de la déforestation actuelle mais avec un impact 2,5 fois plus élevé à cause du méthane !

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