La Crise de l'Eau, défi majeur du XXIème siècle

Crise de l'eau en Amérique du Nord :

Les Etats-Unis d'Amérique, ont pompé sans compter dans leurs fleuves, nappes et lacs pour abreuver sans mesure leur industrie, leurs élevages, leur agriculture, leurs pelouses, golfs et piscines, jusqu'à ce que des grands-lacs-usa-1.jpgorganismes indépendants en 2002 commencent à publier les chiffres de la gabégie : 30% des réserves de l'Arizona étaient polluées par l'industrie qui consommait et souillait 1500 milliards de litres par an pour ses usages, 3% seulement des rives des Grands Lacs n'étaient pas polluées, et on retrouvait 1/2 million de kilos d'herbicides et d'insecticides chaque année dans le réseau hydrologique et plus de 200 produits chimiques dans les canalisations d'eau potable , la rivière du Colorado trop affaiblie n'arrivait plus à la mer et le Rio Grande avait perdu 75% de son débit ; et surtout la grande nappe d'Ogallala , véritable océan souterrain de 4000 milliards de tonnes d'eau douce qui s'étend sous 1/4 de la surface des USA, n'arrivait lus à se recharger . . . Une étude sur 5 ans de l'USGS (US. Géological Survey) a déterminé que le niveau de l'eau avait baissé de 30m dans la région de Milwaukee (lac Michigan) suite au pompage autorisé à la ville de Waukesha dont les puits sont contaminés au radium, et pourrait encore perdre 30m d'ici 30 ans si le taux de collecte n'augmentait pas, car 1% seulement des eaux des lacs est renouvelé chaque année par le ruisselement et les pluies. Avec 244100 km2 et 23000 km3, les grands lacs Américains et Canadiens sont le plus grand réservoir d'eau douce de la planète, mais à cause du réchauffement climatique, le débit du St-Laurent a diminué, et les eaux du Mississippi en baisse, pourraient inciter les Américains à dériver plus d'eau du lac Michigan, et la montée des océans contaminant les sources qui alimentent New-York, les inciter à détourner aussi les eaux du lac Ontario au détriment du Canada. (USGS-NASA).

Crise de l'eau en Amérique du Sud :

lac-titicaca-1.jpgLa réduction des saisons de pluies de 6 à 3 mois en Bolivie et au Pérou a provoqué, en 10 ans, une baisse des eaux du Lac Titicaca de 5000 hectares visible à l'oeil nu par le recul sur ses berges, malgré qu'il fasse 8562 km2 et soit situé en altitude à 3800 m, et il se meurt à cause des villes traversées par les 25 rivières qui l'alimentent en eau mais qui transportent aussi des rejets et déchets en tous genres, et qui ont ainsi fini par décimer ses poissons et rendre ses eaux non potables ! (RFI) . . . Au Brésil, c'est l'aménagement sur le Rio Madeïra de 2 ouvrages sur les 4 barrages hydroélectriques prévus, qui a déclenché des protestations et des conflits internes, avec le projet du méga-barrage de Belo Monte sur le Rio Xingu . . . En Equateur et au Pérou, contestations et révoltes sociales ont éclatées entre les indigènes et le gouvernement accusés de les spolier de leurs droits à la terre dans la construction de grands barrages ou de favoriser la privatisation de l'eau au profit de multinationales par la présentation d'une loi sur l'eau . . . Alors qu'en Argentine, c'est la découverte en 2005, d'une méga-nappe phréatique de 1194000 km2 et de 55000 km3, l'aquifère Guarani, divisée entre 4 pays : le Brésil (70%), l'Argentine (19%), le Paraguay (6%) et l'Uruguay (5%), qui suscite des inquiétudes face aux convoitises des multinationales d'eaux minérales et à l'intérêt soudain porté par les USA . . . assechement-du-lac-tchad-1903-2001.jpg

Crise de l'eau en Afrique :

Asséchement sans commune mesure, de 1960 (26000 km2 de superficie) à 2007 (2000 km2), du Lac Tchad en Afrique, résultat du réchauffement climatique mais aussi du déboisement sauvage, de la surexploitation de l'eau utilisée pour l'irrigation des terres, et des retenues d'eau édifiées au Cameroun et au Nigéria au détriment des autres pays riverains que sont la République Centrafricaine et le Niger ! (IRD) . . . Tensions sur le Nil, entre pays situés en amont (Ethiopie, Kenya, Tanzanie, Ouganda) sur les rives du Nil Bleu et du Nil Blanc, cours d'eau qui se rejoignent à Khartoum pour former le Nil ; et le Soudan et l'Egypte, situés en aval, à cause de la construction de 9 barrages hydroélectriques en Ethiopie et de la remise en cause du traité de 1929 accordé par la Grande-bretagne lors de la décolonisation, donnant la suprématie sur le fleuve aux deux pays riverains du Nil . . . Les revendications hydrologiques du Botswana pour la préservation du delta de l’Okavango-Makgadikgadi et de l'écotourisme qui en découle (et dont les retombées financières sont importantes) sont à l’origine d’un conflit avec la Namibie, située en amont du fleuve et qui envisage de canaliser l’eau de l’Okavango vers la capitale Windhoek pour couvrir les besoins en consommation industrielle et domestique . . . Par ailleurs, la construction d'un système de barrages et les transferts d’eau dans le secteur sud-africain du bassin de l’Incomati ont réduit le débit d’eau douce dans l’estuaire du fleuve situé au Mozambique, et ont entraîné la salinisation du bassin et la dégradation des écosystèmes de l’estuaire.

Crise de l'eau au Proche-Orient et en Asie :

Au proche-Orient, centre de tous les conflits, l'eau a été gagnée par les armes car la Syrie, la Jordanie, Israel et la Palestine, se disputent des ressources en eau parmi les plus faibles du Monde ! . . . Le plateau du Golan conquis à la Syrie par Israél en 1967, lui sert de zone tampon à l'accès au Lac de Tibériade et lui assure surtout une indépendance hydrologique qui lui permet de répondre à une consommation de 350L/jour et par habitant, contre moins de 20L pour ses voisins des territoires lac-kinneret-ou-lac-de-tiberiade.jpgoccupés, car les sources des affluents du jourdain s'y trouvent et 35% de l'alimentation aquifère en est issue ! . . . Or baisse sans précédent (en 2008) après 4 ans de sécheresses, des eaux du Lac de tibériade à 3,50m en dessous de sa côte normale (-209,50m) ainsi que de la mer Morte, pour une pénurie d'eau estimée à plus de 900 millions de m3. Triste record dû au réchauffement climatique, à une diminution des précipitations de 40%, au barrage construit en aval pour l'irrigation des cultures dans le désert du Néguev, et au détournement des eaux de son principal affluent 'le Yarmouk' par la Syrie pour arroser ses propres cultures et qui n'irrigue plus la Jordanie ; et le débit du fleuve devenu insuffisant n'alimente plus la mer Morte, participant ainsi à son asséchement ! . . . Et en 1991, à la suite de la guerre du Golfe, la population chiite s’est soulevée contre le régime de Saddam Hussein, qui, en réponse, a entrepris d’assécher les marais . . . Alors qu'en 2010 le Japon essaie difficilement de sortir d'une politique de barrages à outrance, qui produit finalement plus d'inconvénients que d'avantages, l'Inde depuis 1985 s'est lancée dans un projet de 3200 barrages hydroélectriques sur le seul fleuve Narmadâ, ce qui a déchenché des accrochages entre provinces et un vaste mouvement de protestations contre les expropriations sans relogement ni indemnités ; que l'approvisionnement en eau du Pakistan est miné par des conflits internes et externes ; la Chine, elle, vient de se lancer en 2008 dans l'aménagement de ses rivières pour en réguler les crues et produire de l'énergie avec un projet de 9 barrages sur le Mékong, et le méga-barrage des 'trois gorges' situé sur le Yang Tsé qui a fait couler beaucoup d'encre, et auquels il faut ajouter avec les pays du bassin inférieur, 11 barrages de plus entre Cambodge, Laos, Thaïlande et Vietnam . . . comme dans le bassin du Mékong, en 1994, dans les mois qui suivirent l’inauguration du barrage thaïlandais de Pak Mun, en amont du fleuve, les conditions environnementales se détériorèrent rapidement. Les stocks de poissons, en particulier, diminuèrent sensiblement, affectant gravement les conditions de vie de plus de 25 000 personnes qui dépendaient directement de la pêche pour survivre. Ces populations victimes se battent encore aujourd’hui pour obtenir réparation

Crise de l'eau en Asie Centrale et en Europe :

Vues satellitaires de la mer d'Aral, l'un des exemples les plus anciens d'Asie Centrale, une mer intérieure de 66100 km2 en 1963, partagée entre l'Ouzbékistan au nord et le mer-d-aral-1989-2011.jpgKazakhstan au sud, et qui a perdu 75% de sa superficie en 2005 à cause du détournement par les soviétiques des rivières qui l'alimentent pour irriguer les cultures de coton, et en plus un taux de salinité qui a triplé, avec le sel qui remonte par évaporation, emporté par les vents jusqu'à 300 km à l'intérieur des terres, et brûlant les cultures et les poumons des habitants ! (UNESCO) car l’Asie Centrale est le théâtre depuis plus de cinquante ans d’un conflit parmi les plus persistants de la planète pour l’utilisation de l’eau des deux fleuves Amou Daria et Syr Daria qui alimentent tous deux la mer d’Aral, et où les ressources en eau sont utilisées non seulement pour l’irrigation et la production d’électricité mais aussi comme moyen de pression politique sur les pays voisins.  Mais d'autres mers ou lacs risquent de disparaître comme le lac Orumieh, ou des barrages qui ont du être ouverts pour rétablir le passage de l'eau comme dans le cas du Kara Bogaz Gol, une lagune de la mer Caspienne ! Et pendant ce temps l'Europe se désole parce que ses rivières s'assèchent et que seuls 5 de ses 55 cours d'eau ne sont pas pollués, et qu'en Espagne, ce sonr les provinces autonomes d'Aragon et de Catalogne qui se livrent une bataille politique pour avoir le contrôle des eaux de l'Ebre dont le delta fertile de 320 km2 est envahi par la culture intensive du riz 

Crise de l'eau en Australie :

australie-jaune.jpgLa crise de l'eau qui affecte l'Australie depuis douze ans et qui s'aggrave un peu plus d'année en année, trouve sa source dans l'irrigation et la déforestation qui ont provoqué une salinisation d'1/3 des terres arables dans un pays déjà aux 2/3 désertique à cause des vents océaniques chargés en sel et des nombreuses mers intérieures asséchées depuis plus de 200000 ans et dont le sel était contenu localement par la végétation ; or avec le déboisement anarchique de ce vaste pays, qui fait que pour 1 seul arbre planté dans le cadre d'un plan National qui a vu jour il y a dix ans, 100000 sont abattus par des exploitants privés, les vents transportent le sel remonté en surface par évaporation à cause des sécheresses, et les canaux d'irrigation se chargent de le ramener dans les nappes phréatiques et les fleuves ! . . . A cause des déserts et de la chaleur, 90% de la population s'est installée sur la côte Sud-Est du pays, or depuis 2001, la pluviométrie n'a cessé de s'y réduire et l'état de sécheresse y a été déclaré ; le secteur agricole en a subi les effets de plein fouet à cause de cultures non adaptées (coton, riz) gourmandes en eau, avec la salinisation des sols, les feux de brousse qui se multiplient et le manque d'eau qui se fait sentir cruellement au point que l'étiage du réservoir d'eau de grand barrage de Warragamba, s'est établi à 40% de sa capacité (en 2005). Le bassin de Muray-Darling, le plus touché, abrite 70% des terres irriguées et concentre 40% de la production agricole, alors que son fleuve n'a plus assez de débit et n'atteint la mer que 4 jours sur 10, la mise en place d'un plan de gestion de l'eau ainsi qu'un projet de détournement des eaux du Nord du Queensland vers le bassin versant au Sud, ont occasionné des conflits politiques entre les états de Victoria, Nouvelle-Galles du Sud, Queensland, et le gouvernement !

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