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Erosion et Appauvrissement des Sols

Etat de dégradation des Sols dans le Monde :

degradation-sols-monde-1992-esc-montreal.jpgSi les terres émergée représentent 29,10% de la Planète soit 15 milliards d'hectares, dont 1,4 sont des Forêts et 11 considérés comme non cultivables (trop secs, trop humides, trop pentus, trop minces ou trop pauvres) et si les terres cultivées actuelles occupent 1,5 milliard d'hectares (10% des continents), cela signifie que 1,1 milliard d'hectares sont encore cultivables ; mais en pratique la population mondiale ne cesse de croître à grande vitesse, la désertification s'étend sur tous les continents et la dégradation des sols est en train de rendre incultes 25% des terres cultivées actuelles ! Depuis les années 1950 et jusqu'à nos jours, les politiques d'industrialisation des pays riches et de ceux en voie de développement, l'agriculture intensive avec son lot de produits chimiques, ou l'élevage intensif (car dans le Monde, 30% des terres émergées non glacées sont occupées par l'élevage et 70% des terres cultivées le sont pour des productions alimentaires animales, malgrè leur contribution plus élevée en GES et une consommation d'eau pourtant plus importante que l'agriculture), ainsi que la surexploitation et la surconsommation ; sont responsables de l'appauvrissement des sols comme de la production et du rejet de quantités de Gaz à effet de serre (GES) de plus en plus importantes dans l'Atmosphère et qui amplifient le réchauffement climatique !

Car le sol est une matière vivante qui concentre, sur 30 cm d'épaisseur, 80% des êtres vivants de la planète : vers de terre, champignons, bactéries et une myriade de micro-organismes qui se nourrissent de matière organique, et alors qu'en l'espace de 50 ans dans le Monde la surface moyenne cultivable 'disponible' est passée de 0,32 Ha en 1961-1963 pour 3,2 milliards d'êtres humains à 0,21 Ha en 1997-1999 pour une population mondiale de 6 milliards, et ne sera plus que de 0,16 Ha en 2030 pour un total estimé de 8,3 milliards d'habitants ; en Europe le taux de matière organique du sol est passé de 4% à 1,4% seulement et en France 60% des sols sont déjà frappés d'érosion, alors même qu'un rapport de la FAO (branche alimentaire de l'ONU) datant déjà de mai 2007 avait établi que la solution résidait en une agriculture biologique qui permettrait de redonner aux sols leur capacité à absorber le CO2, étant donné que les rendements des productions céréalières et fruitières, mais aussi forestières ne cessent de baisser en conséquence du réchauffement climatique . . . car avec des températures qui battent chaque année des records de chaleur et les canicules qui asséchent le sol ; le climat tempéré du nord devient petit à petit méditerranéen et celui du sud devient par contre semi-aride !

Déforestation et répartition des terres arables :

carte-forets-terres-arables.gifSelon les données de l’ISRIC World Soil Information, 46,4% des sols connaissent une baisse importante de productivité, avec des fonctions biologiques partiellement détruites. 15,1% des sols ne sont plus utilisables pour l’agriculture, leurs fonctions biologiques sont gravement détruites et leur restauration demanderait de trop gros investissements. Environ 9,3 millions d’ha (0,5%), sont irrémédiablement perdus, et ne présentent plus aucune fonction biologique. Plus de 50% des sols dégradés par la déforestation sont situés en Asie et 17% en Amérique du sud. La déforestation est la première cause de dégradation en Amérique du Sud (41%), en Asie (40%) et aussi en Europe (38%), principalement dans les pays d’Europe centrale et orientale. Le surpâturage est la première cause en Afrique (50%) pour 36% des sols, et en Pacifique sud et Australie (80%). 37% des sols dégradés par des pratiques agricoles inappropriées sont situés en Asie, mais sont aussi la première cause en Amérique du Nord et Centrale (58%) et la deuxième cause en Afrique (25%), alors que sur 133 millions d’ha dégradés par surexploitation de la couverture végétale pour des besoins domestiques, 50% sont situés en Afrique. Mais il y a aussi la salinisation par l'irrigation ouverte, car si l'eau douce s'évapore sous la chaleur, les sels eux s'accumulent, et le monde perd 3 ha de sols arables chaque minute, et si au Pakistan et en Tunisie 25% des terres irriguées sont salinisées, le taux est de 23% aux Etats-Unis, 17% en Inde, 15% en Chine et 9% en Afrique du Sud ! . . . Quant aux sols qui sont dégradés par les pollutions industrielles, la quasi-totalité se trouve en Europe, avec en plus, des risques de contamination, puisque un sol pollué peut devenir à son tour une source de diffusion directe ou indirecte de polluants pour l'environnement par l'intermédiaire de l'eau et de l'air, d'émanations de gaz ou de reconcentration et de transfert de polluants par les organismes vivants (végétaux, bactéries, champignons, etc, à leur tour mangés par les insectes ou les animaux).

À titre d'exemple, la France estime au début des années 2000 à 230000 le nombre de sites connus pour avoir été pollués par l'Industrie ou des Entreprises sur son territoire, dont près de 4000 font l’objet de mesures de surveillance, de diagnostic ou de réhabilitation. Il faudrait y ajouter les anciennes décharges municipales (au moins une pour chacune des 36000 communes), les pollutions d'origine militaire, cynégétique, agricole, ménagère, etc.

Côté déforestation, entre l'an 1200 et l'an 2000, c'est 80% de la Forêt primaire mondiale qui a disparue, favorisant la détérioration des terres par les pluies et les vents et l'appauvrissement des sols par défaut de décompostition et de formation d'humus. . . Pour les rendements agricoles, si les tendances actuelles se poursuivaient, le taux de croissance de la productivité agricole devrait tomber à 1,5% d'ici à 2030, puis à 0,9% de 2030 à 2050 pour une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis l'année 1961. Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a chuté d'environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de 3,2% à 1,2% et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la même période . . . 

Diaporama : Erosion et Dégradation des Sols

Les causes Humaines de la désertification :

causes-humaines-degradation-sols.jpgEn dehors de la participation incontestable des émissions humaines de Gaz à effet de serre au réchauffement climatique, et donc à l'augmentation des températures du Globe, c'est en premier lieu la surexploitation de la ressource en eau, dûe à une mauvaise gestion des cours d'eau et de son usage qui en est la cause essentielle, avec la déforestation massive qui fait que les arbres ne font plus barrage à l'érosion des vents et que les racines ne retiennent plus les terres ; le détournement des prairies permanentes au profit des cultures, ou les exploitations sauvages ou mal gérées du sous-sol ; mais aussi l'agriculture intensive par la surexploitation des sols et la pollution, ainsi que l'urbanisation galopante par l'occupation majoritaire et excessive de terres arables.

La mécanisation à outrance de l'agriculture intensive qui s'exerce sur 66% du sol français est responsable du tassement et de l'érosion prématuré des terres, de même que le lessivage des sols par les pluies et l'usage des engrais chimiques détruisent la faune et la vie bactériologique des sols si nécessaires aux cultures . . . Or la France détient le triste titre de plus gros utilisateur de pesticides d'Europe et occupe le 3ème rang mondial du classement, ce qui explique aussi la destruction des bactéries et des autres micro-organismes du sol, entraînant ainsi son appauvrissement !

La France n'est pas en reste quant à l'urbanisation excessive des sols, puisque 1200 hectares de zones agricoles disparaissent chaque année dans les Bouches-du-Rhône au profit de projets d'urbanisme sur la plaine de La Crau où les agriculteurs s'inquiètent de la diminution des pâturages et la disparition des canaux d'irrigation.

 

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